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 Un amour d'acier [en cours d'écriture - 1 chapitre publié]

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Vous commencez à me connaitre, nan?

Messages : 850
Date d'inscription : 02/08/2014
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MessageSujet: Un amour d'acier [en cours d'écriture - 1 chapitre publié]   Dim 23 Nov - 15:49

Quelques notes :
- Le style réaliste et notamment celui dans lequel je me lance est nouveau pour moi, je sollicite donc toutes vos remarques. Il ne sera pas question pour moi de me lancer dans une réécriture (j'ai horreur de ça) mais de m'améliorer pour la suite
- Je sollicite particulièrement vos avis sur le niveau de langage que je devrais utiliser pour les dialogues, sachant que les personnages viennent plutôt des classes populaires. J'accepte de réécrire les dialogues si ça le nécessite.
- Ce roman est un projet annexe, je privilégierais toujours "La Tragédie de Paris", dont j'essaie tant que se peut de garder le rythme d'1 chapitre toutes les 1 à 2 semaines. Celui-là sera fait sur le reste du temps
- Ce roman est pour moi beaucoup moins ambitieux que la Tragédie de Paris, d'ailleurs à la base c'était censé être une longue nouvelle mais je me suis aperçu que ça risquait de faire la longueur d'un petit roman. je verrais bien et on déplacera en conséquence.
- J'essaie tant que faire se peut de respecter le contexte spatio-temporel, cependant il n'est pas question pour moi de faire des recherches très approfondies, donc j'utilise Wikipedia, trois/quatre autres sites venant au gré de google, et google images. par exemple je n'ai trouvé aucune photo du séminaire de Tiflis, et évidemment je n'ai aucune information sur son mode de fonctionnement. Je pense pas que ça dérange si je romance tout en respectant le contexte historique. J'essaie donc en conséquence d'introduire des détails historiques dans le récit, et ce sera un récit avec un certain nombre d'ellipses, qui collera bien à l'histoire des pays de l'Est vers ces décennies.
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MessageSujet: Re: Un amour d'acier [en cours d'écriture - 1 chapitre publié]   Dim 23 Nov - 15:49

I.



       Ma mère était très anxieuse pour le grand jour et s'affairait dans tous les sens de la maison, jugeant préférable de ramasser à ma place toutes les affaires dont j'avais besoin. Penaud devant la porte de la maison, avec une certaine appréhension pour partir, je m'occupais d'admirer ses cheveux bruns se balancer au gré de ses mouvements brouillons, puis quand elle se retournait, ses yeux foncés grands ouverts ne plus savoir quelle direction viser. Il fallait bien voir que cette cordonnière assidue et méticuleuse, de plus orthodoxe fervente, s'appliquait à tout ce qu'elle entreprenait pour moi. Quoiqu'elle ne me laissait pas choisir, puisque la religion me parlait moins à moi. Elle le savait et en désespérait un peu, mais j'admirais tout de même sa foi qu'elle pratiquait assidûment, conformément à la tradition.
       Je vis sa maigre carcasse surgir du minuscule couloir en bois, vêtue d'une longue robe marron foncé, très plissée et surmontée d'un simple fichu encadrant son visage triangulaire creusé de part et d'autre de sa mâchoire. Elle était fâchée de paraître si fatiguée pour cet événement bien que je cherchai à relativiser.
       - Tu sais maman, ta présence n'est pas obligatoire... Tu es très belle aujourd'hui.
       - Je t'ai appris à ne pas mentir, Piotr ! Allez, on doit s'en aller, répondit-t-elle de son ton sec qui la caractérisait.
      Je jugeai préférable de m'abstenir de quelconque réponse et lui proposa de prendre mes propres affaires pour cette rentrée – c'étaient les miennes après tout – ce qu'elle accepta volontiers. Je sursautai au grincement de la porte en bois en même temps que mon regard se fixa sur un ciel bleu et dégagé, fasciné par ce temps si rare à Tiflis. L'été 1894 s'annonçait radieux, avec des températures pouvant dépasser, en ce mois d'août, les vingt-cinq degrés, évidemment à des moments de la journée plus tardifs que huit heures actuellement. Je sentis soudain ma mère pleine de vie, affichant un sourire si naturellement sur un visage dont on concevait mal qu'il pouvait en accueillir, et ce à l'idée de faire le chemin sous les rayons du soleil.
       La ville commençait déjà à s'animer, bien que ses rues se peuplaient en général à des heures plus tardives, mais aujourd'hui on voyait de tout, des commerçants, quelques artistes de rue, mais aussi quelques hommes partant au travail, bien que la plupart d'entre eux devaient déjà être en pleine activité. Les femmes partaient avec leurs enfants, faire leurs provisions ou laver le linge, ou qu'en savais-je encore. Le bruit émanant de tous ces gens restaient ténu et s'évanouissait facilement. Ce qui était certain, c'était la beauté de la capitale géorgienne qui méritait bien son statut.
       Tiflis s'imposait en centre économique et culturel du pays, mais surtout son aspect en faisait le confluent des différents styles architecturaux eurasiens, ce qui en dernière instance lui en conférait le charme. Elle avait contenu des grandes figures des arts. Son nom interpellait dans tout le Caucase, comme associé aux artistes Gobebachvili, Tchavtchavadzé, sans oublier toute l'attention qu'y portait ce monument littéraire Léon Tolstoï, dont j'appréciais en secret ses idées politiques qui n'étaient pas en odeur de sainteté. Enfin, notre ville symbolisait le cosmopolitisme qui exerçait un attrait certain sur moi, sceptique au patriotisme exacerbé qui prenait tout l'espace disponible dans la pensée commune. Sa diversité ethnique, religieuse et culturelle enrichissait considérablement la culture populaire Tbilisouri.
       Je suivais avec peine ma mère dont la vive allure traduisait une certaine excitation à m'emmener au séminaire. Le séminaire était ce qu'elle voulait pour moi, et ses projets qu'elles nourrissaient pour ma vie future étaient, je le concevais aisément, résultant d'un amour et d'une préoccupation certaine pour mon avenir, en ce sens cela partait d'un bon sentiment. Moi, je voulais plutôt vivre de l'écriture, elle le savait, mais se doutait moins de mon envie si ardente de poursuivre ce rêve. « Impossible » me répondait-elle. « C'est un métier pour les fils de bourgeois, et toi tu ne pourras pas en vivre. » Cette réponse radicale tranchait avec mon lyrisme d'adolescent et mes rêves profonds.
       Trois quarts d'heure plus tard, se dressait devant nous ce qui semblait bel et bien être le fameux séminaire. L'arrêt soudain de ma mère dans sa marche le confirmait.
       - Mon Dieu, j'avais peur d'être en retard !
       - Et je parie que ce n'est même pas le cas...
       - Tu plaisantes, il est neuf heures moins le quart...
     - C'est bien ce que je dis, il vaut mieux arriver une bonne heure avant, on ne sait jamais ce qui peut se passer !
      - Comment ça ? La rentrée est à neuf heures et demie, soit dans trois quarts d'heure, point. C'est bien ton genre de chercher...
     Ma mère pivota soudainement sur un talon et commença à montrer son intention de me mettre une claque. A son regard et à tout ce que je savais d'elle – c'était ma mère, je la connaissais par cœur - je compris que ma remarque l'avait profondément choquée. Je prédis avec quasi-exactitude ses paroles.
      - Quand un jour me montreras-tu du respect ? sortit-elle en fronçant les sourcils. Sais-tu combien me coûte cette école ? J'y consens pour t'assurer un avenir, au service de Dieu certes, mais déjà un avenir plus radieux que celui de ton père !
       J'étais moi aussi énervé mais je compris que ça aurait été une très mauvaise idée de monter dans les tours. Il n'empêchait pas que je fus abasourdi qu'elle parlât de manière aussi péjorative de mon père. Il faut dire qu'actuellement, je voyais moi-même plutôt d'un mauvais œil son engagement dans l'armée. C'était un père peu présent, envoyé à l'étranger pour assurer l'étendue incoercible de l'empire russe. Je comprenais ma mère qui ne pouvait comprendre quelle gratification il trouvait là-dedans. « Ces russes, ces dominateurs... ces barbares qui oppriment notre pays » répétait-elle, sauf quand mon père était là, grâce à la bonne éducation qu'elle avait reçue et qu'elle appliquait dans le respect qu'elle témoignait sans cesse envers tout son entourage.
   Cependant, je ne pouvais pas la suivre dans son idée. Je n'avais pas de haine particulière pour la population russe, et je ne parvenais pas à l'associer à cette armée qui opprimait notre pays. Que de mensonges pouvaient raconter Alexandre III et son gouvernement, c'est du moins ce que j'imaginais, ce que je ressentais dans mon pays, du moins ce qui constituait un pays dans mes sentiments les plus profonds. C'est un peu comme si les frontières entre les nations, je les minorais devant des sortes de « fractures » entre les ordres sociaux. Dans tous les cas, je trouvai peu tolérable de critiquer de la sorte mon père, qui avait choisi son engagement avec courage et qui ressentait une fibre impériale que ne partageait pas ma mère. Que ne partageait plus les classes populaires géorgiennes. Le nationalisme était plus dans l'air du temps. J'appréciai peu tous ces clivages. La libération de la Géorgie impliquait-elle la haine du peuple russe ? Je sortis alors de mes pensées soudaines pour mieux examiner le bâtiment.
      L'aspect du séminaire me choqua au départ au sens où tous les discours élogieux m'en avaient donné une image grandiloquente. A vrai dire, seul le portail, dans un style classique, c'est-à-dire deux immenses battants constitués de barreaux métalliques verticaux de forme à peu près trapézoïdale, arrondis en haut, donnait une grandeur à ce bâtiment. Et le contraste avec le reste rendait le tout quelque peu disgracieux. Des murs de pierre, surmontés de divers buissons et arbustes taillés avec une remarquable précision, le prolongeait en délimitant une cour dont la taille était aussi modeste que le reste. Derrière, je pus voir, de manière très restreinte à cause de la hauteur de la végétation, les toits en ardoise noire d'un bâtiment visiblement en forme de L qui regroupait apparemment tout l'établissement religieux.
     - Maman, avoue que tu m'avais décrit le séminaire comme beaucoup plus grand ! Après, bien sûr, ça a l'air très beau...
     Ma mère émit un rire très léger et me regarde avec amour. L'expression de visage s'était radicalement transformée.
       - Ha, Piotr ! C'est vrai que j'ai eu la même impression la première fois que je l'ai vu. Mais je vais te laisser découvrir tout ce que tu ne vois pas à cet instant. (Ma mère fit un silence et soupira avant de reprendre.) Voilà, veux-tu que je patiente avec toi jusqu'au début ?
       - Ca ira, ne t'inquiète pas. Je pense qu'il est bien indiqué où se rendre.
     - Piotr... j'ai la gorge un peu trop serrée pour t'exprimer toute l'émotion que je ressens actuellement, alors... bonne rentrée ! Et on discutera cet après-midi ! Je pense que tu n'es pas assez familiarisé avec le chemin donc je reviendrai te chercher.
      - Bon, lançai-je par réflexe sans savoir quoi dire, c'est comme tu veux. Moi je pense savoir me repérer, et ça te fait beaucoup de marche, mais je t'attendrai.
       Ma mère resta plantée là avec une rigidité révélatrice, je décidai alors de franchir le portail. Ca y était, j'allais commencer une formation pour devenir prêtre orthodoxe, pour le plus grand bonheur de ma mère, dans l'indifférence de mon père, et avec un sentiment fort mitigé pour moi.
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