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 La Tragédie de Paris [en cours d'écriture, 18 chapitres publiés]

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MessageSujet: Re: La Tragédie de Paris [en cours d'écriture, 18 chapitres publiés]   Dim 16 Nov - 21:30

"Heureuse la nation qui n'a que la nature pour guide, et la vérité pour principe." Françoise de Graffigny

CHAPITRE XVI : « B »

Cela faisait à peine quelques heures que Devo dormait à poings fermés sur un lit inconnu. L'électrocardiogramme donnait le son attendu à période normale, il n'y avait absolument rien à signaler. Aucun personnel de l'hôpital n'avait à surveiller ce patient banal. Ce fut dans un calme plat, où à peine quelques bruits de matériel roulant traversaient la porte, que l'adolescent ouvrit les yeux avec peine. Sa main gauche parcourut lentement ses cuisses dans le sens de la largeur pendant que son regard brouillé faisait de même. Son esprit peinait au départ à tout reconstituer : la manière dont il était arrivé là restait obscure les premières secondes. Mais arrivé où ? Un lit fait d'une couette bleue si fine, comme du papier, recouvrant un drap d'un blanc aussi vif que les murs unicolores. Seul un drapeau français sur du papier cartonné les recouvrait à côté d'un portrait de taille raisonnable de Rudolf Facia. La vision de ce personnage aurait pu faire tourner Devo de l'oeil une nouvelle fois. Il lui évoquait quelqu'un d'une profondeur insoupçonnée, d'une familiarité inexplicable, paradoxalement mêlées avec une terreur indomptable.

Devo parvint à reconstituer les faits avant son évanouissement. Il était bien présent à un congrès de haute importance pour la résistance. Tous les membres présents visionnaient l'enregistrement de deux personnes suspectes. De quoi... Impossible de s'en souvenir. Un congrès pour quoi, déjà ? Devo se rappela qu'il y avait un événement important à l'origine de celui-là. Il posa successivement son regard sur le portrait du fondateur de la septième république et sur une horloge carrée à l'autre extrémité du haut du mur qui faisait face. Les deux aiguilles s'alignaient parfaitement pour indiquer midi trente. Tous les souvenirs manquants revinrent alors dans l'esprit de celui qui avait abandonné toute recherche supplémentaire. Le discours avait peut-être déjà commencé ! Devo se leva brusquement de son lit, lui causant un vertige malvenu, puis ses esprits retrouvés il appuya sur le bouton pour appeler l'infirmière. Elle n'arriva que vingt secondes plus tard.

- M. Cagoulac ! Vous êtes réveillé ! Est-ce... s'exclama-t-elle en affichant un sourire mécanique.
- Madame s'il vous plaît ! Il me faut une télé pour voir le discours !
- Hein ? Qu... Quoi ? Je... Attendez un peu... balbutia l'infirmière, décontenancé par la demande soudaine de son interlocuteur.
- Je vous demande pardon madame ! Mais sauf votre respect je dois voir le discours de Facia !
- Ah, M. Cagoulac, répondit-elle en souriant plus sincèrement à ce jeune patient, ne vous inquiétez pas, il y aura d'abord un défilé militaire qui risque de s'éterniser. Vous venez juste de vous réveiller, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est cela, mais il faut vraiment que je puisse voir la cérémonie. Vous comprenez, tenta Devo avec hésitation, c'est important, pour le pays, pour nous les français, et j'attendais vraiment ce discours...
- Je comprends bien, compatit l'infirmière. Vous venez de vous réveiller, et vous devez absolument vous reposer. Je verrai avec mes supérieurs pour vous amener dans une salle commune avec une télévision ou un projecteur holographique quelconque...
- Bon si vous le dites... Mais pourriez-vous venir, disons dans vingt minutes... Je vous assure que je me sens très bien, affirma Devo en cachant son état de fatigue légère.
- Au revoir, M. Cagoulac. Reposez-vous bien.


Devo regarda l'infirmière partir par dessus son épaule alors qu'il recroquevillait sa carcasse sous sa couverture. Evidemment, il était dans l'incapacité de suivre sa dernière recommandation, appuyant plutôt à intervalles réguliers de son annulaire droit sur une des lattes du sommier, en passant sa main gauche sous son lit. L'idée lui surgit alors d'inspecter à nouveau son projecteur holographique, histoire de surveiller si son père s'était manifesté, pourtant ce dernier semblait faire le mort depuis le cadavre retrouvé à la maison. Où était-il maintenant, que faisait-il ? Il serait certainement informé du malaise, de l'hospitalisation, et d'autres choses encore. Devo avait alors une double inquiétude, sur son père et sur le discours. Qui était Leito Facia, qu'allait-il dire et surtout faire, ou bien d'autres questions passaient et repassaient dans son esprit, mobilisant toute sa concentration. Ces dernières années, le régime avait desserré la vis, avec la réintégration possible des Xenadags dans divers secteurs professionnels qui leur étaient autrefois fermés, notamment toute la fonction publique. Tout fut revu à la baisse tel le nombre de déportations de Xenedag, sur motif que ça en soit. Il en serait presque plus fréquent de se faire avoir en participant à des actions résistantes, ou dites "terroristes" dans le langage du pouvoir, plutôt que d'être de la mauvaise espèce. A part cela, la septième république était comme à ses débuts, et Xilan avait indiscutablement modelé son action sur celle de son père.

Comment se positionnerait le fils par rapport à ce nouveau cours ? Laxisme, durcissement ou statu quo, telle était la question sur la bouche de tous les résistants les jours précédant la réunion extraordinaire pendant la cérémonie d'investiture. Devo avait dû la quitter précipitamment et accepter ce fait. Il n'y avait plus d'autre choix que d'attendre l'infirmière avec une certaine anxiété, et ce avec la grande question qui faisait disjoncter tous les esprits. Après tout ce genre de vérité était absolument imprévisible.
Trente minutes plus tard, Devo fixait l'écran de son projecteur avec une lassitude affichée, tenant le bras droit tendu en dehors du lit, la main prête à lâcher l'objet. La porte de la chambre s'entrebâilla  avec un bruit de "clic" caractéristique de la lenteur avec laquelle l'infirmière s'y était prise, précautionneusement pour vérifier l'état du patient. Devo tourna la tête avec un retard et se dressa rapidement sur son lit au point d'en décoiffer ses cheveux noirs.

- Madame, c'est bon, je veux voir le...
- C'est bon, c'est bon ! Je vais vous aider à vous relever, dit l'infirmière en marchant à vive allure vers le patient de crainte qu'il refasse un geste trop brusque.

Elle se plaça de profil par rapport à son patient désormais assis sur le lit avec les pieds à terre. Elle prit sa main gauche pour la porter sur son épaule gauche et accompagna le plus délicatement son mouvement pour se relever. Devo avait les jambes "en compote", du moins ce fut la seule expression qui lui venait, et d'ailleurs sur le coup l'une d'entre elles faillit lui lâcher mais il en reprit instantanément le contrôle. L'homme légèrement appuyé sur le corps de la jeune femme par le bras qui lui passait comme une écharpe sur ses épaules, les deux personnes s'avançaient vers la sortie. Passée la porte, au fur et à mesure de leur route à travers les couloirs, Devo parvenait à marcher en étant de plus en plus autonome. Alors que l'infirmière affichait une étonnante indifférence, finalement explicable, Devo constatait un spectacle qui lui était inconnu. Tout le personnel médical zigzaguait entre les quelques lits – et les patients allongés dessus affichant tous la même mine déconfite – avec une allure notable, parfois à la limite de la course. Devo se décala à la dernière minute après avoir aperçu un homme en blouse tenant une planche et un crayon qui traversait le couloir à toute allure.

- C'est quoi ça ? C'est un vrai bazar ici. Euh... rectifia Devo dans la peur d'avoir quelque chose montrant un manque de respect pour le travail du personnel, je voulais dire que je ne m'attendais pas à voir ça.
- Oui, répondit l'infirmière en tournant la tête avec étonnement, le temps de réaliser que cette ambiance n'était pas naturelle pour tout le monde. Vous savez, je comprends votre réaction. Le travail est infernal, plus de lits, plus de personnel, plus de budget. On nous a tout coupé. Enfin, bref... coupa la jeune femme de peur de tomber droit vers une pente glissante.
- Madame l'infirmière, chuchota Devo à son oreille, dites-moi tout ce que vous voulez contre l'Etat, je ne répéterai absolument rien...

Devo approcha sa main libre vers le visage de son interlocutrice et en fit émettre une petite étincelle bleue d'une pâleur et d'une discrétion absolue. Il prouvait par là à quelle espèce il appartenait, il s'en sentit d'ailleurs ridicule, sinon une source de danger pour cette femme n'ayant rien demandé.

- Excusez-moi... Je n'aurais pas dû...
- Avançons, répondit-elle sur un ton parfaitement neutre, alors qu'ils étaient proches de la salle commune.

*

En plein milieu de la journée, le soleil étendait ses rayons dans tout le square comme la puissance de la nation se manifestant par l'écran géant, qui ici, comme dans toutes les communes de France, délivrait la bonne parole. Ainsi la cérémonie avait commencé par la sortie du nouveau président du palais élyséen. La caméra montra un homme si jeune, Leito Facia, endossant pourtant le rôle si primordial de chef d'état de la septième république, sortir dans la cour, entouré de deux gardes. Un tapis rouge avait été déroulé sur toute une moitié de la longueur de la moitié de la cour et se terminait sur une voiture noire qui était prête à accueillir Facia et les deux hommes. L'émission débutant sur l'air de la Marseillaise, le commentateur ne tarissait pas d'éloge à l'égard de l'événement en train de se produire. Pour sûr, ce dernier discutant du nouveau commandant de la France qui marchait avec une manière de se tenir très solennelle, rien que cela, ou plutôt cela, exaltait dans le cœur de tant de Français le sens de l'amour de la Nation, la fierté d'être français.

Mais ce moment, ces images et ce son, n'avaient aucune possibilité d'entrer dans le monde de Diane.  Toute sa vie se réalisait dans le doux souvenir de la Congrégation, et ce qui se diffusait actuellement  aurait produit chez elle un rire moqueur. Au moment présent, cette réaction n'avait pas lieu d'être. Elle basculait plutôt sa main d'où jaillit des gouttes de sang. Celle de son amie, restée appuyée, retomba telle une dernière révérence et son bras se positionna le long de son corps baignant dans une mare de sang. La vieille dame put apercevoir l’œil gauche écarquillé de son amie qui, à peine retrouvée, la quittait à nouveau. Dans l'incompréhension la plus totale, Diane se pencha en serrant les barreaux du banc sur laquelle elle était assise et dévisagea sous tous les recoins l'homme qui se tenait en face d'elle.

Il s'agissait de quelqu'un de plus vieux qu'elle, un vieillard au moins sexagénaire, les cheveux blancs ramenés en arrière – cela Diane ne le voyait pas mais le savait que trop bien - dissimulés sous une très large capuche pourpre qui lui retombait sur les épaules. Ses yeux gris constituaient un regard éteint qui fixait sans vaciller celle qui lui faisait face, peinant à émerger au milieu de ses rides creusées. Cette longue cape de la même couleur pourpre lui entourant le corps aurait rendu n'importe qui d'autre ridicule, mais lui accordait une prestance aussi rassurante que terrifiante, selon le contexte. On y distinguait mal cette quantité pourtant si grande de sang qui s'y était mise. Diane ne pouvait dès lors se tromper sur l'identité de cet homme qu'elle n'avait observé que de loin lors de divers événements de la Congrégation.

- Diane, le voyage se termine ici, assura-t-il en se levant avec une voix étouffée.
- Vous... Vous êtes B, l'homme qui tournait... toujours autour de A, répondit-elle en se levant à son tour, la voix tremblant par un déluge d'émotions.
- Je sais ce que tu veux faire. Toi et tes amis, tous ceux qui sont sortis de la Congrégation de l'Organiste en emportant avec eux le secret de la tragédie de Paris... ils périront de ma propre main.
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MessageSujet: Re: La Tragédie de Paris [en cours d'écriture, 18 chapitres publiés]   Ven 2 Jan - 1:05

CHAPITRE XVII : LA CÉRÉMONIE

       La cérémonie battait son plein et étalait ses ondes dans toutes les communes de France. Tout était réglé comme un quatorze juillet, resté fête nationale au vingt-troisième siècle, qui viendrait dans deux semaines. Deux défilés pour le prix d'un, c'est cela la grandeur de la France !

La caméra balaya la place des Champs-Elysées recouverte d'une profonde effusion de joie. Les hommes et les femmes, amassés en grand nombre de part et d'autre de la rue principale, faisant pression sur les barrières, hurlaient de bonheur et faisaient d'amples signes de la main à l'imposante voiture qui avançait avec lenteur. Le soleil plombant était le même dans toute la capitale et se reflétait sur les feuilles des grands arbres, immobiles comme des statues. L'atmosphère était magnifique, comme la métaphore d'une France prospère, qui continuait son chemin, dans l'apaisement après un siècle dernier très mal terminé, dans la guerre européenne puis la destruction de Paris.

       Leito tendait son bras à travers la vitre teintée à des mines ébahies, les bouches bées et les visages si simples. Une scène qui aurait été effarante pour un étranger. Le trajet allait se poursuivre pendant une bonne dizaine de minutes, jusqu'à la place de l'Etoile. Il y avait une cinquantaine d'années, la mairie, sous insistance prompte du gouvernement de Rudolf Facia, redonna son ancien nom avant l'année 1970 à la place Charles-de-Gaulle. Le nouveau Président de la République ne pouvait prendre le temps de regarder les arbres, les immeubles, et les contre-allées menant à ses jardins à la française réputés les plus beaux du monde. Son regard se retrouvait aimanté par cette masse de citoyens agitant leurs têtes, une de leurs mains, entraînant leur corps tout entier, le saluant lui-même, dans un spectacle qu'il ne pensait jamais avoir à regarder. Il se contenta d'interagir avec les spectateurs comme s'il le devait tout le long du chemin en les mimant, entrecoupé de pauses où il se terrait au fond de son siège.

       Le véhicule termina sa route sur cette allée même rectiligne et très large, structurant autour d'elle tout le réseau élyséen. Le quartier entier des Champs-Elysées en lui-même fut reconstruit en respectant le mieux possible l'ancienne configuration, dans le style de l'époque. C'est ainsi qu'on pouvait reconnaître ce concours d'une douzaine de routes sur lequel reposait un Arc de Triomphe comme neuf, reconstruit à une rapidité démentielle comme pouvait le permettre la technologie des années 2190, à base de reconstitution par impression en trois dimensions contrôlant tout un arsenal de machines. Une mobilisation d'ouvriers fort réduite fut requise, comme pour la plupart des autres bâtiments célèbres, bien que le gouffre financier que toutes les reconstructions demandaient n'en fut aucunement atténué. Au final, seule la clarté de la pierre utilisée le différenciait de l'ancien.

       Diane regardait du coin de l’œil, à instants de plus en plus espacés, la retransmission de l'émission. Elle ne savait plus où se mettre face à « B » restant mystérieusement assis sur le banc d'en face à marmonner quelque chose. A quel jeu pouvait-il jouer, croisant ses bras à l'intérieur de ses manches larges après avoir ouvertement menacé son interlocutrice de mort ? Diane vit une arme accrochée sur son vêtement ample. Elle connaissait la force de cet homme sans cet outil et se sentit assurément en grand danger de mort. Elle chercha en premier lieu un moyen de la neutraliser.

- « B », tu viens me tuer ou tu te reposes, là ?
Dodelinant de la tête, le vieil homme la leva délicatement, rompant ainsi son immobilité.
- Tu me laisses me ressourcer, j'en profite. Je te connais trop pour te sous-estimer.

Elle jugea mal ce genre de propos provocants et se mit en action. Connaissant peu les qualités au combat de son adversaire, elle jugea correct de miser sur un atout non négligeable : sa vitesse réputée dans toute la Congrégation. Diane exerça une violente pulsion sur ses jambes et se rua vers son adversaire, la main tendue droit vers le fusil. « B » vit l'avant-bras de son adversaire s'approcher et s'y agrippa en une demi-seconde pour jeter la femme hors de sa trajectoire initiale. Diane retomba  maladroitement sur le banc à côté du vieillard, resté assis tout ce temps, et sourit en utilisant son autre main pour toucher celle de « B ». Un éclair jaillit dans cet entremêlement et l'homme se leva d'un coup en poussant violemment Diane sur le banc. Cette dernière s'assura de caresser son habit de l'auriculaire, produisant une autre source lumineuse, puis tenta de se réceptionner du mieux qu'elle put dans sa chute.

Diane rabattit ses cheveux blonds qui lui cachaient la vue et fixa sa carcasse imposante devant son adversaire tentant tant bien que mal de tenir son fusil, sans parvenir à approcher l'une de ses mains. Diane fit un rapide mouvement de mains et l'arme s'arracha de l'attache à laquelle elle était fixé sur la cape de « B » pour s'éjecter dans l'herbe.

       - Donc, si je résume, tu m'as magnétisé avec cette arme, du coup on se repousse. Toujours la même combine ? Et tu crois que ça suffit. Il te manque la lucidité, finit-il avec un ton condescendant, quelque peu attristé.
       - « B », on va poser les armes, tenta la femme. Il y a des choses qui se sont passées, dont je me suis souvenu. Des choses qui sortent de la compréhension que je me faisais des choses.
       - Qu'est-ce que tu racontes ? Tu veux gagner du temps ?
       - La congrégation et son projet « A B C », c'est bien de cela qu'il s'agit, vous voulez recréer les fameux « objets de l'organiste » à partir du garçon mais il sera inefficient ! Est-ce que « A » est au courant ? J'en doute !
       - Je ne vois pas en quoi tout cela peut bien te concerner à présent. Tu as quitté la congrégation, ça ne te regarde pas !
       - Bien au contraire ! s'offusqua-t-elle. Entre la tragédie et mon arrivée en 2058, j'ai des souvenirs qui me mènent à penser, à propos de... comment dire...

       Le vent se leva soudainement pendant que l'atmosphère s'alourdissait à une vitesse vertigineuse. « B » auparavant à quelques mètres se matérialisa d'un geste d'une rapidité inimaginable devant Diane qui ne put faire autrement que de plier le genou, les yeux grands ouverts gagnés par la terreur.  La cape du vieillard se déroulait majestueusement dans l'air pour retomber au pied de la femme, le genou posé, incapable de bouger ne serait-ce qu'un membre.

       - On va clarifier les choses toi et moi, lui souffla-t-il en approchant son visage de manière menaçante de celui de son adversaire. Moi je sais ce que tu sais faire, faire joujou avec le magnétisme. (Il prit le bras que Diane tenta de dresser.) Toi, par contre, tu ne sais pas ce que je sais faire, mais j'ai déjà utilisé certaines de mes ressources...

      Diane complètement décontenancée, ses yeux s'accrochèrent irréversiblement à ceux de son adversaire qui se leva quelque peu.

      - Tu sais mieux que personne l'importance des souvenirs...
      - Certainement, et donc ? répondit Diane, agacée par ce genre de paroles sans intérêt.
      - Et donc, tu pourrais y faire plus attention, où je pourrais t'en dérober d'autres.
      - Comment ça ?
      - Chaque Xenadag, en plus des capacités communes que nous partageons tous, possède un pouvoir spécial, propre à chacun. Tu le sais évidemment. Je te mets simplement en garde, car moi je peux te dérober tes souvenirs, de la même manière que tu peux magnétiser les objets...
      - C'est absolument impossible, rétorqua Diane en arborant une légère grimace. Un pouvoir pareil ne peut pas exister...
      - Tu as un peu oublié l'éducation que la Congrégation t'a donné, ou alors ça t'arrange de ne pas y croire ? Tu te souviens pourquoi tu es venue ici au moins ?
      - N'importe quoi ! Je suis venue ici parce que... je devais faire quelque chose d'important...
Diane avait terminé sa phrase en cherchant ses mots et en baissant la voix. Toute l'assurance qu'elle avait emmagasinée, tant bien que mal, devant l'être terrifiant qui lui faisait face, semblait s'effriter.
      - Un peu vague, tu ferais mieux de préciser..., répondit « B » en faisant deux pas pour augmenter la pression sur son adversaire.
      - Ecoute, tu sais très bien ce que je veux dire ! Je...

« B » pointa son doigt vers le corps baignant dans la mare de sang. Diane détourna la tête tout en restant sur ses gardes, les bras légèrement relevés, et vit le corps féminin gésir au pied du banc, la tête affaissée sur le petit bord en relief de la pelouse. Un hurlement s'échappa violemment alors qu'elle se sentit prise d'un réflexe de recul. Les deux combattants virent alors une femme brune et mince, les yeux écarquillés, la respiration irrégulière, la main comme clouée à celle de son bambin de quatre ou cinq ans, caché derrière les jambes de sa mère. Cette dernière le maintenait derrière en plaquant ses mains sur sa tête pendant que l'enfant pleurait à grosses gouttes.

      - Qu'est-ce qu'il se passe ici, bordel ! s'exclama-t-elle.

Diane tourna précipitamment la tête vers une femme affolée qui jetait son regard de tous les côtés.  Sa peur se focalisait sur le corps sans vie d'Eva, cette jeune femme aux cheveux châtains, délicatement posés autour de sa tête jusqu'aux épaules, dans lesquels la coulée de sang avait creusé quelques sillons. Diane tendit le bras par réflexe en direction de l'inconnue, dans son affolement de voir une passante à ce moment fort mal choisi.

- Madame, enfuyez-vous ! Ne restez pas ici ! Il va vous tuer !

Diane sentit une douleur au genou qui lui fit risquer une chute, puis elle se mit à tituber vers son adversaire. L'inconnue, comme pétrifiée, fouillait une poche avec panique et en sortir un projecteur holographique. Elle appelait probablement la police ou les secours pendant que l'enfant, certainement son fils, criait alors que ses joues se couvraient de larmes. Ce comportement interloquait Diane : quelle idée de rester planté là pour appeler qui que ce soit, en face d'un cadavre et d'un assassin éventuel ! Cette pensée lui fit prendre conscience d'un fait troublant. Diane n'arrivait plus à souvenir pourquoi « B » avait assassiné cette femme dont le souvenir devenait pour elle de plus en plus flou. Mais surtout, elle fouillait désespérément dans sa mémoire comment elle s'était retrouvé en face du numéro deux de la Congrégation, ici dans ce square.

- Partez tous de suite, tout de suite ! C'est dangereux ici ! C'est un Xenadag très puissant qui va vous tuer avec votre fils si vous restez là ! Vous m'écoutez ou quoi !
- Ça ne changera rien, commença « B » dont la prise de parole inquiétait fortement Diane. Même si à tort je ne l'ai pas été, je préfère rester discret. Je supprimerai tout le monde ici, et je n'ai pas tout mon temps.

Diane vit une cape couleur pourpre faire un mouvement ample dans le ciel et disparaître dans le ciel. Il n'y avait pas à dire que la vitesse de son adversaire avait bonne réputation au sein de la Congrégation, cependant Diane était régulièrement nommée « l’Éclair » par les cadres et un certain nombre de membres. Elle exerça une poussée violente sur sa jambe, avant même de réfléchir à ce qu'elle devait faire. Le plus urgent était de protéger la femme inconnue qui, dans un élan inespérée de lucidité, avait après un temps trop long décidé de prendre ses jambes à son cou avec son enfant dans les bras. Diane exécuta une figure ultra-rapide au-dessus du sol dans le sens du chemin vers les deux fugitifs et aperçut dans un mouvement aérien une ample silhouette furtive qui s'en approchait dangereusement, la main tendue à l'avant. Elle se réceptionna magistralement sur le sol derrière la mère dans l'optique de couvrir ses arrières et d'en finir par la même occasion. Plus aucun bruit venu de derrière ses oreilles, mais un choc violent se fit sentir dans son dos. Diane sentait avec angoisse les omoplates d'une personne pointer sur les siennes et descendre subitement, puis quelque de chose de rond comme une tête, pour enfin sentir un liquide lui couler en biais sur la nuque. Elle passa le doigt dessus en respirant de plus en plus fort. Du sang.

Elle se retourna, lucide sur le spectacle qui s'offrirait. Diane savait que sa réaction tardive aux mouvements de son ennemi avait été fatale à des innocents qui avait eu le tort d'être « là au mauvais endroit ».

Deux corps supplémentaires étendus sur le sol.
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MessageSujet: Re: La Tragédie de Paris [en cours d'écriture, 18 chapitres publiés]   Jeu 29 Jan - 1:28

CHAPITRE XVIII : LA CEREMONIE (II)

A une heure moins le quart, en cette journée particulièrement ensoleillée du 2 juillet, les murs bleutés de la grande salle où se tenait le congrès extraordinaire de l'Union Résistante Française réfléchissait à merveille les rayons du soleil. La frise, plus claire, bleu azur même, scintillait de manière assez spectaculaire, ce qui aurait pu donner à cette vaste pièce souterraine une douce atmosphère de fond marin. Dans ce même endroit siégeaient une centaine de chefs locaux de l'organisation la plus vaste et la plus forte contre le régime totalitaire de la septième république. Cet endroit majestueux – comment diable pouvait-on creuser un antre aussi volumineux dans le sol – était indiscutablement pratique pour réunir dans le secret, à l'abri de l'omniprésence de l'Etat policier, toutes ces dizaines de personnages importants. Deux heures et demie plus tôt environ, ils étaient tous entrés par des passages souterrains secrets, parfois excentrés à plus de deux kilomètres dans des recoins peu fréquentés, afin d'éviter d'attirer les soupçons sur une entrée en masse de personnes dans un même endroit. La sécurité était la priorité de Leo Ellul, chef de l'URF, et d'Abriel Lacour, trésorier et administrateur. Toutefois, l'acquisition de cet endroit par Leo restait un mystère pour tout le reste de l'organisation. Même l'existence de cet endroit, pour les simples membres sans responsabilité.

Pendant les deux heures restantes, des problèmes locaux sans grande importance furent exposés, parfois décortiqués tellement à l'extrême par des commentateurs si pointilleux qu'on pouvait se demander s'il ne s'agissait pas uniquement de meubler l'heure et demie restante avant le début de la cérémonie du nouveau président, Leito Facia. Ils étaient alors revenus plus en détail sur la problématique du développement d'un courant raciste contre les humains dans les sections de l'URF plutôt au nord ouest de la France. Le débat avait déchaîné les passions. Certaines remarques désobligeantes fusèrent, comme le propos venant d'une jeune femme assise vers le fond à gauche par rapport à Leo.

- C'est sûr, on nous dit "pas d'amalgame". "Pas d'amalgame !" Mais qui sait ce que pense la majorité des humains ? J'aimerais qu'on libère la parole ici.
- Rien du tout justement ! La parole de nos compatriotes est emprisonnée. Maintenant on va...
- Dis ! interpella un homme tout au bout de la salle, au gabarit trapu et vêtu d'une veste noire, que tous les humains lèvent la main ici !

Il leva la sienne avec une énergie telle qu'un être très imaginatif aurait pu y voir un salut fasciste. Cinq secondes plus tard, une femme en costume se leva timidement et leva la main. Les secondes d'après, environ une vingtaine de personnes se levèrent.

- Pas en mon nom, prononça une femme rousse, semblant en guerre contre une timidité naturelle.
- Pas en mon nom !

Des hommes et des femmes partout dans la salle se levèrent et répétèrent cette même phrase spontanée. Leo regarda avec un léger amusement qu'il cachait les visages stupéfaits de ceux qui ne semblaient pas s'imaginer que quasiment un tiers des personnes ici présentes n'étaient pas des Xenadags. Naturellement, les humains qui se sentaient impuissants face aux nouveaux pouvoirs se développant dans la société s'engageait moins facilement dans le combat. Ils ne se sentaient pas forcément moins concernés par le sujet. La lanceuse d'alerte sentit tout le monde contre elle et se recroquevilla. Tout le monde remarquerait qu'elle présidait la section sarthoise, très proche de la zone où le courant raciste semblait être né. Julien Biafora, silencieux depuis le début, soupirait, lassé de ce genre de querelle. Il avait tendance à relativiser l'importance des dissensions politiques au sein de l'URF, quelles qu'elles soient.

- Nous allons voir les mesures à prendre après la séance pour le cas de Mme Ockrent, puis définir ensemble une politique de lutte contre ces idées au sein de l'URF, en étroitesse particulière avec ceux ici-même qui connaissent bien la réalité du terrain.
- Euh, j'ai quelque chose à dire... commença une jeune femme aux cheveux noirs et portant un pendentif singulier en forme de chouette, avec une voix fluette. (Elle attendit le signal de Leo Ellul pour continuer.) Peut-être pourrions-nous faire quelque chose pour M. Cagoulac. Ce qui vient de se passer nous a tous choqués, et se déchirer sur tous ces problèmes sans attendre fait un peu étrange...
- Euh... vous vous appelez Mariana Zola ? (Elle aquiesça discrètement.) Je comprends votre sentiment, il est difficile de poursuivre dans ces conditions mais je me rends compte qu'on a un certain nombre de choses à régler. Alors M. Cagoulac, ou le racisme antihumain, là vraiment on doit arrêter et changer de sujet, passer aux problèmes locaux.

Divers problèmes locaux avait été abordés pendant que les différents protagonistes de la dispute gesticulaient et chuchotaient avec leurs voisins, comme si plus personne ne se contenait. C'était donc dans une atmosphère de tension palpable que, quelques temps plus tard, tout le monde braquait les yeux sur l'écran diffusant la cérémonie d'investiture du nouveau président de la république, des chuchotements s'élevant ici ou là, quelques regards furtifs lancés dans toutes les directions, mais plus régulièrement vers la femme qui avait soulevé la polémique.

*

A quelques kilomètres de là, l'hôpital s'agitait pour les dernières corvées à faire pour que le personnel loupe le moins possible le début de la cérémonie. Devo, soutenu par l'infirmière avec un bras sur sa nuque, exigea qu'il ouvre lui-même la porte, comme s'il se forçait à utiliser correctement tous ses membres. La pièce se dressant devant eux était une salle commune à l'étage de cette section du bâtiment, d'une cinquantaine de mètres carrés, où on y trouvait des tables rudimentaires et des chaises inconfortables, un téléviseur en trois dimensions et, renfoncée dans le mur droit, une bibliothèque parsemée de polars, de biographies, de livres sur le développement personnel. Une ampoule au plafond éclairait banalement le tout. Les patients tuaient une bonne partie de leur temps ici pour se sociabiliser avec les autres. Devo n'avait naturellement jamais eu l'occasion d'y mettre les pieds. Dans tous les cas, il savait qu'il ne resterait pas longtemps dans ce trou. Il ne pensait plus qu'au contenu du discours, aux évolutions quelles qu'elles soient, cependant en son for intérieur il n'attendait rien, ni de positif ou de pire, rien de plus qu'un discours vaseux signifiant que la politique précédente était poursuivie.

L'infirmière lui fit signe qu'elle s'éclipsait. Une douzaine de personnes vaquaient à leurs occupations, certains regardant avec concentration la cérémonie à la télévision pendant que d'autres roupillaient avachis sur une table, jouaient au Scrabble. Quelles que soient les activités de chacun, tous respectaient la diffusion de l'émission en gardant un silence de mort, mis à part de légers chuchotements ; une vieille dame vêtue d'une robe jaune pâle étouffa sa voix en s'exclamant "Mot, compte triple !". Devo laissa son regard être absorbé par les régiments, surgissant petit à petit du fond de l'écran pour s'avancer vers la nuit. Un homme en fauteuil roulant, qui semblait n'avoir plus toute sa tête, faisait semblant d'éviter les soldats dans la rangée de gauche qui, comme les autres, semblaient se diriger vers chaque téléspectateur. Ce qui avait retenu son attention était notamment un homme très jeune, entouré d'autres plus vieux et de quelques généraux, se tenant sur une estrade juste devant l'Arc de Triomphe. Tout le groupe applaudissait les avions défilant côté à côté dans le ciel afin d'y laisser des lignes tricolores. Pendant ce ce temps, les différents régiments se succédaient de manière millimétrée, au son d'une musique militaire flamboyante à la gloire de la Nation et sa première famille, les Facia.

Devo ressentit le besoin de faire un pas pour pénétrer dans la profondeur de l'écran de la télévision 3D, vers l'élément central de la masse agglutinée autour du monument célèbre. Leito Facia affichait une mine plus ravie que ses voisins plus solennels. Devo dut y regarder à deux fois pour se rendre compte de sa ressemblance assez intrigante avec le nouveau président de la septième république. Mais ce que la vue de ce visage pouvait produire sur lui était beaucoup plus profond. C'était un sentiment rassurant, un refuge dans lequel on restait, une épaule sur laquelle on s'appuyait. Le jeune homme avait l'habitude de ressentir certaines émotions intempestives à la vue de certaines personnes, cependant ici quelque chose qu'il n'avait jamais vécu se produisait. Un feu d'artifice de sensations plus ou moins agréables enflammait son estomac. De la légion de soldats qui avançait à la gauche de Devo surgit un bras semblant plus matériel. Sa peur soudaine s'évapora quand il se rendit compte qu'il appartenait à un patient qui ne semblait pas avoir la lumière dans toutes les chambres.

- Hé, monsieur Cagoulac ? dit-il soudainement.
- Hein ? Oui monsieur ?
- Quelqu'un m'a dit, continua-t-il d'une voix rauque qui déraillait par moments, qu'il vous fera bientôt parvenir un message...
- Comment ça ? Qui va me l'envoyer ?

Il caressa sa peau tombante, marquant encore plus ses multiples rides sinueuses et rabattit les quelques cheveux gris qui parsemaient son crâne. Préférant garder le silence, il s'éclipsa et retourna tapoter la table où il était assis, en ne communiquant pas avec le monde extérieur. Pendant ce temps,  quelques avions apparaissaient dans le ciel parisien et l'écran diffusait de manière à ce que les téléspectateurs aient l'impression qu'ils recouvrent le plafond de la pièce dans lesquels ils visionnaient la cérémonie. Devo ressentit un léger malaise à se sentir de plus en plus immergé dans la scène, cependant il devait rester en attendant le discours, en tant que résistant. Le commentateur expliquait qu'à l'inverse du quatorze juillet, les troupes au sol défilaient avant les troupes aériennes.

Le jeune Xenadag finit par s'asseoir sur une chaise beaucoup trop basse, de préférence le plus loin possible de tous les autres patients et attendit la fin du défilé et le début du discours. Sa place était d'autant plus agréable que les soldats marchant en rang, vêtus de leur uniforme kaki et leur béret, tenant tous fermement sur leur gauche leurs armes respectives qui subissaient toutes le même mouvement avec synchronisation pendant la marche au pas cadencé, lui passaient devant sans paraître se ruer sur lui. Il n'y avait désormais plus qu'à attendre la fin de ce défilé ridicule tant il ne servait qu'à marquer le coup alors qu'il serait réédité dans moins de deux semaines, tant il ne servait qu'à montrer à la face du monde la reconstruction de la force militaire française après les deux incidents rapprochés que furent la défaite cinglante de la France lors de la guerre contre la Coalition Démocratique et la tragédie de Paris.

Devo finit par apercevoir le dernier groupe d'hommes des forces terrestres alors que le commentateur, dans un élan d'enthousiasme qui semblait atteindre toutes les personnes de la salle, lui-même excepté, annonça le début du défilé des troupes aériennes. Les rares avions parcourant le ciel commencèrent à arriver en groupes plus denses, alors que la voix énonçait la liste des corps d'armée qui allaient défiler les prochaines dizaines de minutes. Tambours battants, sur l'air de l'hymne national puis de chants à la gloire du dirigeant Leito Facia, de son père, de son grand-père le fondateur, Devo s'avachissait dans sa chaise à observer les avions traverser le ciel. Le clou du spectacle fut la nouvelle prouesse technologique dont la presse aux ordres avait tant parlé durant ses deux dernières années : un petit aéronef capable d'atteindre le centième de la vitesse de la lumière. Une trace colorée permanente sillonnait son chemin dans le ciel : autant dire qu'en un clin d’œil la totalité de la portion du ciel visible à l'écran fut entièrement coloriée. Devo ne put s'empêcher de s'émerveiller de cette avancée technique, avant de se désoler des intérêts de ceux qui viendraient à l'utiliser et de se laisser couler une nouvelle fois sur sa chaise.

Une vingtaine de minutes plus tard, le défilé d'enfants à la gloire du régime pendant une bonne demi-heure vint conclure la parade. Devo commençait à piquer de l’œil comme le commentateur annonça l'imminence du discours du nouveau président. Alors que la caméra balayait les foules en liesse et les quelques chefs d'état invités de l'événement, les patients dans la salle tapaient sur les tables d'un rythme furieux et applaudissaient. Devo tapota légèrement un pot de crayons afin d'imiter les autres pour ne pas se faire remarquer.
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MessageSujet: Re: La Tragédie de Paris [en cours d'écriture, 18 chapitres publiés]   Sam 10 Oct - 1:46

Je précise que cette histoire est abandonnées, j'ai un autre roman en cours.
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MessageSujet: Re: La Tragédie de Paris [en cours d'écriture, 18 chapitres publiés]   Aujourd'hui à 13:07

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La Tragédie de Paris [en cours d'écriture, 18 chapitres publiés]

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